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A propos de la cantate BWV 46

vendredi 22 février 2008

"Regardez et voyez s’il est quelque douleur comme la douleur qui m’a frappée.
Car le Seigneur m’a plongée dans la détresse au jour de sa fureur."

Dans l’évangile du jour (10e dimanche après la Trinité), Jésus prédit la destruction de Jérusalem et pleure à son sujet (Luc 19, 41-44).
L’auteur anonyme du texte de la cantate, se raccroche à ce passage pour s’épancher dans la dramatisation théatrale, fort prisée dans tous les domaines de l’art baroque. Les pires menaces sont proférées contre les pécheurs impénitents, le seul espoir d’être réconcilié avec Dieu se trouvant dans la passion endurée par son Fils.

1. Le Choeur d’entrée expose un passage des Lamentations de Jérémie (1, 12) où il est déjà question de la destruction de Jérusalem. C’est, après une brève sinfonia où apparaissent les motifs concertants d’accompagnement utilisés par la suite, une ample déploration en deux parties, en correspondance étroite avec le texte : Schauet doch... en canon polyphonique, suivi d’une fugue : denn der Herr... l’accent douloureux est mis sur certains termes, notamment par des dissonances (Schmerz, Jammer). L’instrumentation est particulièrement riche pour un dimanche "ordinaire" : 2 flûtes à bec, 2 hautbois da caccia, 1 trompette .
Bach en reprendra le motif initial dans sa Messe en si.

2. La déploration du prophète est censée être reprise par Jésus, et le Récitatif du Ténor en donne la raison : c’est l’obstination dans la faute qui entraîne le châtiment. Les "torrents de larmes" vont se transformer en déluge, ce que viennent traduire les flûtes.

3. Sommet dramatique de la cantate : l’Air de la Basse où éclate l’orage destructeur. Aux accents très descriptifs des cordes s’ajoute la trompette, signe de la majesté divine.

4. Un bref Récitatif (secco) de l’Alto opère l’applicatio en transposant la menace aux chrétiens, s’ils persistent dans la faute.

5. L’Air, repris par l’Alto, introduit enfin quelque consolation en laissant apparaître la bienveillance de Jésus, présenté comme le bon berger aimant. En l’absence des basses, ce sont les flûtes et les hautbois qui traduisent l’innocence des justes qui seront épargnés.

6. Le Choral final implore la clémence divine, en présentant le Christ comme l’unique médiateur. Les versets du choral alternent, ce qui n’est pas habituel, avec de courts intermèdes joués par les flûtes, rappelant les motifs introductifs de la cantate.

(notes empruntées à Alfred Dürr par Fritz Bresch)